
El Pudú est une compagnie de théâtre fondée en 2019 à Briançon par Sally Campusano Torres, comédienne, dramaturge, metteuse en scène et professeure de théâtre franco-chilienne.
Son implantation dans le nord des Hautes-Alpes témoigne d’une volonté affirmée de décentralisation culturelle. Cet ancrage, loin des grands centres urbains, favorise l’émergence de projets artistiques axés sur les notions d’appartenance, de mémoire et sur les liens profonds entre les individus et leurs territoires.
Rassemblant des artistes d’origines diverses, issus de France et d’Amérique latine, la compagnie puise son inspiration dans les questionnements qui traversent leurs propres parcours de vie.
El Pudú explore les zones d’ombre, ces espaces invisibles où s’enracinent certains phénomènes sociaux, ces interstices où se révèlent les dynamiques relationnelles entre les êtres humains. À travers son travail, la compagnie interroge la manière dont chacun construit et vit son appartenance en lien avec son environnement – une singularité façonnée par la culture, le genre, la classe sociale. Elle s’intéresse également aux processus de transformation et de reconstruction de soi dans des contextes nouveaux, offrant ainsi un regard sensible et engagé sur les multiples façons d’habiter le monde.
Cet espace d’exploration constitue la colonne vertébrale d’une démarche capable d’adopter des formes variées, de l’installation à la performance, de la fiction au documentaire, et ce, à travers différentes esthétiques scéniques, s’adressant tant aux adultes qu’au jeune public.
Au cœur du processus de création de la compagnie, le témoignage s’impose comme premier matériau. Si les textes, les théories, les auteurs et la recherche nourrissent le travail, la véritable substance naît toujours de la rencontre avec les individus : de leur parole, de leur imaginaire, mais aussi de la mémoire inscrite dans leur corps.
Ces rencontres deviennent parfois elles-mêmes des projets de création, relevant d’un théâtre biographique, presque organique. Elles peuvent donner lieu à des présentations publiques, révélant ainsi les prémices d’un travail en cours, une étape habituellement invisible du processus artistique.
Encore quelques précisions…
Sans revendiquer un théâtre militantement féministe, la compagnie El Pudú inscrit le féminisme au cœur de son fonctionnement et des valeurs qu’elle défend. Elle porte une attention particulière à la place des femmes tant sur scène que dans la production, en veillant notamment à adapter les temps de travail pour concilier vie professionnelle et familiale. Ces engagements, parfois invisibles, constituent néanmoins une dimension essentielle de son identité et de son mode de création.
Pourquoi El Pudú ?
C’est le nom d’un animal endémique du Chili, le plus petit cervidé du monde. Il fait le lien entre un pays d’origine et les montagnes des Hautes-Alpesoù la compagnie s’est implantée. Sauvage, timide, il arrive à vivre, malgré sa toute petite taille, dans des forets habitées par les pumas. Comme la compagnie qui porte son nom,il connait à la perfection son territoire, en explore tous les passages et utilise ses secrets pour y vivre.
Caché dans les forêts humides du sud des Andes, il reste un être rare à voir et ceux qui arrivent à le croiser peuvent se considérer comme chanceux.
La compagnie El Pudú reçoit annuellement des subventions du Département des Hautes-Alpes, de la DRAC et du Fond de développement pour la vie associative.
