2/NATURE HUMAINE

Une enquête artistico-expérimentale pour dévoiler

LES LIENS INTIMES DE L’ÊTRE VIVANT AVEC SON ENVIRONNEMENT

Les rues se sont vidées. 

Les animaux ont envahi les villes comme s’ils essayaient de récupérer l’espace volé.

Pendant ce temps, 

les êtres humains, obligés d’être enfermés, rêvaient de revenir à la nature.

Certains se sont échappés à la campagne,

d’autres ont arpenté les montagnes en catimini,

pendant que les plus téméraires ont osé des baignades nocturnes…


La crise sanitaire que nous traversons a mis en évidence de manière brutale les discours qui nous alertent depuis des décennies. Notre style de vie et le système économique pratiqués par une majorité de pays mettent en danger l’équilibre écologique de la planète.

Cette menace est devenue une réalité et la nature est apparue comme un échappatoire.

C’est à partir de ce constat que la compagnie de théâtre El PUDÚ a créé NATURE HUMAINE, un projet protéiforme qui réfléchit sur la place de la nature dans nos vies et le lien intime que nous entretenons avec elle.

Un projet qui vise à recueillir des témoignages à l’aide d’un questionnaire et à traduire les réponses sous différents formats artistiques.


L’ ENQUÊTE

L’ombre d’un arbre feuillu, le sommet d’une montagne, le sable d’une plage ou encore un écran d’ordinateur (seulement si les circonstances l’imposent !) peuvent devenir le lieu idéal pour une rencontre intime entre les comédiens-sondeurs de Nature Humaine et le public.

À travers un questionnaire, les participant.e.s seront amené.e.s à réveiller des souvenirs de nature dans leur biographie sensorielle, corporelle et intellectuelle.

Cette enquête performative ne suit pas un protocole scientifique strict. Elle a comme unique objectif de déclencher des échanges poétiques.

L’INSTALLATION SONORE ET VISUELLE

Itinérante et adaptable à tous les terrains, ce support de diffusion du projet propose au public de plonger dans l’univers des réponses livrées par des personnes ayant déjà répondu à l’enquête.

L’installation propose :

… l’écoute d’un montage sonore : à l’image d’un collage, il mélange des voix enregistrées lors de l’enquête et des sons de nature.

… la lecture du fanzine Nature Humaine : objet graphique , il traduit en images les secrets dévoilés par les participant.e.s.

@FlorenceBourg

L’ATELIER FANZINE

Initiation au graphisme et à la gravure avec l’artiste Roxane Jaillet. 

À partir du questionnaire élaboré pour le projet, les participants peuvent apprendre à réaliser un fanzine en parcourant toutes les étapes de création (écriture, illustration et mise en page). 

Ecriture au pinceau, illustration à la pointe sèche, impression à l’aide d’une presse sur du beau papier sont au rendez-vous pour permettre de fabriquer un petit livre collectif. 

Un projet conçu, écrit et dirigé par Sally Campusano Torres, El Pudú / Avec: Sandra Araneda /Julie Buraud/ Brice Goldschmid / Poèmes : Laetitia Cuvelier / Enregistrement son et mixage création sonore : Sadry Djaziri / Illustration affiche : @Kombacastro / Créations vidéos : Sally Campusano Torres / Création fanzine et ateliers graphiques : Roxane Jaillet / Performance danse : Manon Hamiti / Photographie : Florence Bourg/ Sally Campusano Torres / Aide à la résidence et à la diffusion : Théâtre Du Briançonnais.

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Le public s’exprime :

Quel est est l’abcès que nous devons purger?

¡SOCORRO! No sé cómo he venido a parar aquí / Yo corría felíz y contento / Con el sombrero en la mano derecha / Tras una mariposa fosforescente /Que me volvía loco de dicha. /Cuando de pronto zas un tropezón/ Y no sé que pasó con el jardín /El panorama cambió totalmente: Estoy sangrando por boca y narices /Realmente no sé lo que pasó /Sálvenme de una vez /O dispárenme un tiro en la nuca /Nicanor Parra

La naturaleza me muestra la pequeñez humana y su increíble poder destructivo.
La naturaleza me obliga a disminuir mi velocidad cotidiana.
La naturaleza abre mi nariz y llena de vida mis pulmones.
La naturaleza es el lugar donde me encuentro cada vez que ando perdida.
La naturaleza me da alas y me quita los miedos.
La naturaleza inunda mis ojos de miles de colores.
La naturaleza me regala la felicidad de sentirme libre.
Amelia Allaman, Francia.

La nature  est indispensable  à ma vie. Je la contemple beaucoup  plusieurs  fois par jour. La lune, les étoiles, les nuages,  les arbres, la herbe. J’adore les saisons bien marquées comme ici. La nature même m’apaise  et me met en joie par sa beauté.  J’ai beaucoup  vécu à Paris. Il y a quelques mois je avais la nostalgie  de la grande  ville. Je me disais que je avais envie de déménager mais le confinement  m’a fait changer  d’avis. J’aime trop entendre et voir les oiseaux  dans le jardin.  Catherine Benmoussa, France

“Síndrome de abstinencia natural”!
Al salir del cautiverio de 7 meses con un techo encima de mi cabeza que me presionaba 24/7. Mi primer destino fue el cerro Manquehue, una caminata de tres horas sintiendo la brisa y el alivio de liberarme de un tejado de miedos.  Los verdes y amarillos del comienzo de la primavera abrieron el camino a una cumbre que se presentaba llena de nubes, al avanzar los cúmulonimbus fueron quedando abajo y cómo la mejor metáfora del momento, en la cima brillaba el sol, llegó la calma acompañada del canto de la loica, el tordo, el cernícalo y el correcaminos. Claudia Pérez Hernández, Chile

¿Cuál es tu relación con la naturaleza?Esta es mi relación cotidiana. Vivo en una ciudad muy contaminada que es Santiago de Chile, es un valle que tiene verde, pero que se ve a través de un filtro de mugre. Mi departamento es parte de un conjunto habitacional, como un condominio de muchos departamentos con un gran patio, ahí tenemos una huerta colectiva, tenemos un par de araucarias, nísperos, y varios árboles viejos y grandes muy hermosos. Cuando estoy dentro de mi cuadrante me siento en una burbuja verde dentro de una ciudad gris.

¿Cómo resientes la naturaleza en tu cuerpo? No sé, pero cada vez que salgo de Santiago la busco, y busco la calma, así como escucharla y sentirla, olerla, que me invada los sentidos, que me sobre oxigene y me de sueño, que me moje la lluvia….Y en ese sentido, elegí esta foto que adjunto, es en Cochamó, cerca de Ensenada, yo sumergida en un tramo en donde la selva Valdiviana está en su esplendor y me senté, respiré y sentí que todo ese verde respiraba conmigo. Muriel Miranda, Chile

Je vois des paysages défiler. Comme si j’étais dans un train. Je regarde par la fenêtre. La joie qui ne me quitte pas. Plaisir de me laisser faire. … Deux petites fleurs sereines /Brice

Les feuilles mortes.  L’automne. Mon père et notre jeu d’éparpiller les feuilles avec nos pieds. L’excuse pour parler des choses importantes. Comme cette fois à la sortie du cimetière…parmi les fleurs :Toujours celles avec une forme d’étoile. Toujours se dire que quand on est ensemble, on trouve des étoiles rouges par terre/Sally

Aimez-vous les oiseaux? 

C’est submergé. Ça fait bordélique. Ça fait beaucoup de choses. Et à la fois rien n’est superficiel. Besoin de tout. Des cagettes pour aller chercher du bois. Des sacs pour faire les courses. Des couvertures s’il fait froid. C’est le moment de rentrer les plantes. Il y en a partout. Et il y a un téléphone. Ça c’est important. C’est important de ne pas être toute seule. O peut appeler quelqu’un au cas où /Julie

“Si le théâtre essentiel est comme la peste, ce n’est pas parce qu’il est contagieux, mais parce que comme la peste il est la révélation, la mise en avant, la poussée vers l’extérieur d’un fond de cruauté latente par lequel se localisent sur un individu ou sur un peuple toutes les possibilités perverses de l’esprit”, affirmait Antonin Artaud en 1938 dans son livre “Le théâtre et son double” en faisant un parallèle entre les différentes épidémies et le théâtre. 

Qu’est-ce-que le théâtre peut et doit apporter à nos sociétés dans ce moment de peste, où l’attention et l’urgence  sont centrées dans les soins des corps malades?

… alors, je dirais que cela m’évoque une certaine dichotomie des sens.
C’est à dire un fort antagonisme entre le besoin de calme, de faire en sorte que mes sens olfactifs, sensitifs et auditifs soient comblés de senteurs, de toucher de mousse, de l’air, de feuilles et de plénitudes faites de plage de silences lourds et habités. 
Et dans le même temps je suis assailli par une agitation intellectuelle ultra stimulée par la marche et légèrement calmée par l’immobilisme.
J’ai presque l’impression de mieux accueillir ce que la nature m’offre dans un effort autre que la marche tel la rando à ski, skating et vtt car les moments de pause me voient mieux à même de ressentir l’échange avec qui m’entoure. Ce flux me mets dans une joie apaisée, sans forcer le trait, presque béat voir benoitement benêt qui assume pleinement. Robin, France
Quelle est votre relation avec la nature? J’essaie de la respecter au maximum, DE lui rendre grâce. Je la remercie. Elle me nourrit. Produit de quoi me chauffer et m’abriter elle me guérit/  Comment réagit votre corps en présence de la nature ? Il se calme, s’apaise, s’ouvre, se grandit, Se recharge, Se met en raisonnance, Se laisse guider, Ouvre son cerveau reptilien. Mallorie ROMAN, France

La relación de mi cuerpo con la naturaleza es nata. Vivo rodeado de naturaleza y ella se ha incrustado en piel. Nada de lo que ocurra en la naturaleza que me rodea me es indiferente. El encierro me ha obligado a repensar en cómo volver a ella. Ahora siento la urgencia de ir y estar en medio de ella y, ala vez pienso que mejor sería dejarla en paz y que siga recuperándose de todo lo mal que la hemos tratado.Francisco Santander, Chile

On se jetait dans les tas de pommes pourries après que l’automne soit passé. Ou bien, on les pressait…on faisait descendre une vis sans fin.  On gardait le jus jusqu’au mois de février /Brice

Laguna Colorada, Bolivie. La-bas il y a rien. Le paysage est sauvage. Plus de 4 mil mètres d’altitude. J’ai vomi presque 15 fois par jour. Un mauvais voyage. Un paysage  qui ne me calme pas. Ça m’angoisse, ça me fait peur. Je pense que si quelqu’un m’oubli la-bas je ne serais pas capable de survivre /Sandra

Le moment où je peux me jeter dans l’herbe. L’oubli. Il y a toujours des endroits pas confortables : un petit insecte dans l’oreille, un caillou mal placé… J’ai l’odeur du ruisseau, de l’herbe sèche, de la mousse. Ça me fait saliver.  La  temperature.  Le rayon de soleil. Le vent/Julie

En ce moment tout me semble ridicule. Tout semble sans importance. Mais on a envie que tout continue a avoir du sens. La contradiction/ Sally

La lumière. Surensoileillé. Des moments d’été. Je me retrouve dans le sud. On va derrière la maison, loin du temps des adultes. L’enfance. Partir dans les champs. Ouvrir le monde. Passer de l’autre coté. Imiter les adultes qui fument avec des carottes sauvages remplis des herbes sèches. Avoir mal à la tête /Julie

Le printemps. Les premiers rayons de soleil. Remettre des vêtements à manche courtes. les bras à l’air. L’humidité. Les cerises. Ma mère qui me faisait des boucles d’oreille avec les cerises/ Sally

En el silencio más profundo de la montaña, en el susurrar de las hojas con el viento, la soledad se disipa. Estoy completamente sola y me siento acompañada. Acompañada de mis miedos, de mis preguntas, de mis errores. Y con ellos, acompañada de todos. Con todas sus energías, sus sueños e historias que ni conozco, pero me muero por escuchar. No hay cuerpo que sienta algo sin la tierra, sin el aire, sin el agua. Sin el azul del cielo, sin el verde los árboles. Quien diga lo contrario, miente. Yo, al menos, mentiría si pensara que puedo vivir un día sin anhelar, nuevamente, estar en la cima de la montaña. Tania Opazo

Elles apparaissent comme une invitation aux artistes à prendre conscience du besoin du delire et à utiliser la création comme un mécanisme pour purger la société car “Nous ne voyons pas que la vie telle qu’elle est et telle qu’on nous l’a faite offre beaucoup de sujets d’exaltation. Il semble que par la peste et collectivement un gigantesque abcès, tant moral que social, se vide ; et de même que la peste, le théâtre est fait pour vider collectivement des abcès”.

Forêt /Elle enfance / et futur / Elle grouille / Elle petites / et grosses bêtes/ Elle manque / Elle frémit / Elle vent / dans les branches / Elle déborde / Elle abrite / Elle murmure / Elle cabane / dans la tête/ Elle appelle / Elle frissonne / Elle champignons/ châtaignes/ plumes/ branches poils / coquilles / et feuilles mortes/ Elle rêves / et cauchemars/ Elle nuit / blanche / et noire / Elle entre / chiens et loups / Elle brame / hulule / et orage/ Elle nourrit/ Elle griffe / caresse/ Elle mousse / herbe tendre / Elle hiberne/ Elle printemps / Elle clairière / Elle se perd / Elle temps retrouvé / Elle petits poucets / chaperons rouges / et Mowgli/ Elle bouquets de jonquilleset fleurs de mélèzes/ Elle résiste / Elle respire / Elle si vivante/ la forêt . Laetitia Cuvelier

Vivo en una grande ciudad, llena de edificios y con un río fantasma que la cruza. No es mi ciudad por nacimiento, es mi ciudad por elección, por el amor grande que le tengo a su gente, a sus olores a flores en primavera y a sus mercados. Y por sobre todo al amor que le tengo a la Cordillera que enmarca el smog que nos acompaña la mayoría de los días. Estos meses de encierro, seis exactamente, me han despertado unas enormes ganas de horizontes, cielos, mares y verdes. Nunca como ahora mi cuerpo ha necesitado descansar la mirada en olas y vuelos de pájaros. Francesca Ceccotti, Chile-Italia

Dedans / dehors . Vivre dedans, m’y perdre souvent. Oublier que j’en fais partie, mettre une maison entre elle et moi. Quatre murs entre la vie sauvage et la vie de famille. Se faufilent les fourmis, les lézards et l’ombre d’une montagne géante et verticale. De l’autre côté de la fenêtre, l’immense et le minuscule…  Dedans, on scrute les chamois, les mésanges, la sitelle, et le vol du gypaète. Dedans, trop dedans. Il suffit pourtant de quelque pas qui remontent la pente ou le torrent… Il suffit de quelques pas dans la première neige du jour ou de l’année. Il suffit de quelques brasses dans l’eau du lac. Il suffit d’un vieux mélèze qui nous attend, d’un peu d’ombre, d’un peu de silence, il suffit d’une tourmente qui nous surprend, d’une pluie battante, d’un orage, il suffit d’un rocher qu’on voit pour la première fois, d’une plume à nos pieds, des étoiles dans la nuit qui nous enveloppe … Il suffit de mettre le bout du nez dehors pour se sentir vivante, plus vivante, mieux vivante. Pour se dire que je suis juste au bon endroit, au bon moment. Dehors. Laetitia Cuvelier, France

« Je ne connaîtrais aucun langage si le vent n’existait pas. Je ne saurais pas ce qu’est pleurer, je ne saurais pas ce qu’est une larme, si la pluie n’existait pas. J’ignorerais tout de la danse et du chant, du courir et du tomber si l’animal ne s’était pas révélé à moi. Je ne saurais ni regarder, ni humer, ni écouter, si la Terre ne m’avait jamais offerte ses grandes forêts. Je ne serais pas ce qu’est l’amour si la valse des astres ne m’avait pas absorbé. Je ne saurais pas ce qu’est aimer si je n’avais pas bu la rosé du matin. Si je n’avais pas goûté aux étincelles crépusculaires qui volent dans une bruine de lune pleine. Si je n’était pas tombé dans l’antre sidéral d’une goutte d’eau. Je ne serais pas ce qu’est aimer si le feu du Grand Chant de la Terre ne m’avait pas consumé entière et fondue dans le couchant. Tout ce qui vit en moi de bon, de simple, m’a été légué par les peuples des champs et ceux des forêts, par les peuples des plaines et des vallées, par les peuples des cimes et des alpages, par les peuples des côtes et des bords de mer, par les peuples des rivières et des torrents sauvages, par les peuples des marées et des marécages, par les peuples des déserts et des chemins secrets. Par la Terre elle-même, enfin, par son sang animal, par son sang de roche, par son sang de sève, par le sang invisible du Ciel. Mon sang est cloué aux lèvres du jour et je meurs chaque soir. Mon sang est écartelé par le rire de la lune et je renais chaque nuit. Je est une osmose. Une osmose incontrôlable. »Ostande Chandelier

Je rêve de vagues.  J’ai peur de la mer.  Mais il faut rigoler au moment de se noyer.  En fait, je me dit qu’il faut profiter.  Ne pas penser à la poubelle. Pas rentrer dans la psychose. Surtout avec la poubelle.  Pas penser à la poubelle que nous envoyons en Asie.  Il faut profiter avant que tout commence à s’effondrer /Sandra

Saviez-vous que les arbres contrôlent leur croissance pour ne pas laisser les plus petits membres de la communauté sans lumière?

Un arbre. Qui donne de l’elan L’avenir. La perspective d’une rencontre avec la nature. J’aime rencontrer les humains. Mais je veux rencontrer la nature. La sérénité. Chaotique. Un arbre solide /Brice

..Il s’agit d’une discrète émotion d’amour, liée à certains lieux particuliers uniques ou endémiques. Avez vous ressenti cette discrète émotion pour un lieu en particulier?