sous marin

Production et création en cours (2026/2027)

Un texte de Sally Campusano et Aurore Jacob

Comédie noire

Tout public à partir de 12 ans (4ème)

Un brin d’histoire et nos intentions…

L’origine de Sous-Marin vient d’une rencontre.

La rencontre entre Sally, qui avait écrit quelques scène autour de Gastón, Clara et Ursula, et Aurore, qui a accepté de plonger dans ce texte au long court.

C’était en 2015.

Avant la révolution au Chili, avant l’accident du Titan, avant la construction de Space X et le rêve qu’une toute petite partie de l’humanité pourrait survivre à la destruction de la Terre.

Sous-Marin c’est le rêve et la folie d’un homme qui veut façonner un monde à son désir quitte à perdre les gens qu’il aime et à se perdre avec. Un idéaliste si aveuglé par sa déception et sa frustration qu’il en oublie les autres.

A moins que cette pièce ne soit l’histoire d’une femme qui veut se conformer à un modèle consumériste, où le bonheur ne se trouve que dans le regard que les autres peuvent poser sur une nouvelle voiture. Une femme qui serait prête à tout pour quitter son pays et offrir une vie meilleur à ses enfants.

Ou alors, ce serait l’histoire d’une société idéale, dont chaque membre est un prisonnier consentant. Une société repliée sur elle-même qui croit (ou feint de croire) que si le reste du monde s’écroule, elle ne sera pas impactée, malgré tous les signes qui prouvent le contraire.

Lors de l’écriture de Sous-Marin, les questions de la vraisemblance et de la caricature se sont posées à de multiples reprises, tout comme la question de l’esthétique.

En effet, Aurore étant française et Sally étant d’origine chilienne, le rapport à la narration et la culture théâtrale étaient nourries d’influences différentes. Elles ont donc choisi d’accentuer ces différences afin d’en jouer et, par cet effet d’amplification, de casser les stéréotypes

L’univers de la pièce est protéiforme. Il glisse d’une forme de réalisme social à une fable fantastique, où tout est possible. L’histoire est contaminée par l’imagination des personnages et leur projection d’un ailleurs pétri de clichés. Mais, à l’inverse, le regard porté sur cette famille latino-américaine est elle aussi nourrie des stéréotypes que les européens ont sur l’Amérique du sud et plus particulièrement sur les questions migratoires.

La complexité des personnages se dévoilent dans leurs fêlures, leurs manques de confiance ou leurs désirs d’être aimés. Ce sont ces interstices qui leurs donnent de l’épaisseur et leur permettent d’échapper à ce que la société attend d’eux, les maintenant ainsi dans le stéréotype.

La pièce nous tend un miroir grossissant de nos propres croyances et de notre regard. Aussi l’humour omniprésent est acide, voir cruel, puisqu’il ne fait que détruire nos certitudes au fur et à mesure de la pièce.

Avec Sous-Marin, il ne s’agit pas uniquement de s’interroger sur la façon de s’intégrer au système ou au contraire d’y résister mais de réfléchir à une alternative poétique. À partir de l’histoire d’une famille ordinaire, que nous ne voulons pas définir par leur pays d’origine, on propose de déconstruire les idées préconçues concernant les immigrants en redéfinissant les notions de frontières. Des frontières non seulement physiques mais aussi identitaires, familiales, sociales et personnelles.

Comme une chrysalide, le sous-marin devient le véhicule qui permet au public et aux lecteur.ice.s de glisser dans un univers métaphorique et d’imaginer ensemble comment faire monde.


Synopsis

Une famille de classe moyenne confrontée aux nombreux problèmes économiques de son pays et à une instabilité sociale croissante, décide de changer de patrie pour offrir un avenir meilleurs à leurs enfants.

Cependant, Gastón, le père de famille, craint que leur nouveau statut d’immigré soit mal perçu dans leur pays d’adoption, qui fait tant fantasmer sa femme Clara. Cette réticence le pousse à construire un sous-marin afin de contourner les règles administratives et de vivre sur un nouveau territoire, selon ses propres lois.

Pour convaincre Clara de le suivre dans ce délire, il redevient l’homme qu’il était durant sa jeunesse révolutionnaire : rêveur, passionné, un peu fou et amoureux.

Durant le trajet en Sous-Marin, Gastón se replie sur lui-même en mêlant à sa vie des extraits de Vingt milles lieux sous les mers. Clara, de son côté, s’inquiète pour les enfants qui doivent les rejoindre après leur installation dans leur nouveau pays. Alors que la vie dans le sous-marin se détériore et que la radio ne fonctionne plus, Gastón entend la voix du capitaine Némo qui le pousse à se détacher de Clara. Après un dîner raté, où Gastón essaye tant bien que mal de résister à l’influence de Némo en renouant avec Clara, celle-ci veut faire demi-tour. Mais un accident les oblige à remonter à la surface.

Le sous-marin a échoué contre un continent de déchets. La cause de leur accident peut devenir leur planche de salut, en retrouvant des composant pour réparer le submersible.

Clara et Gastón sont secourus par des insulaires qui les intègrent à leur communauté. Il s’agit d’un groupe hétéroclite de personnes qui se sont regroupées pour vivre en marge du système néo-libéral et dont Ursula est la porte-parole. La seule règle immuable est qu’il est interdit de quitter l’île. Alors que Clara a du mal à s’adapter et souhaite toujours rejoindre ses enfants, Gastón s’épanouit sur ce nouveau territoire. La voix de Némo cesse de la hanter et il entretien une relation amoureuse avec Ursula. Celle-ci autorise exceptionnellement Clara à quitter l’île afin de rejoindre ses enfants, bien que sur les continents les conditions de vie se dégradent.

Gastón s’inquiète de la disparition de Clara et soupçonne Ursula de l’avoir tuée, Némo revient le hanter. Le Capitaine montre à Gastón que son territoire rêvé est une chimère. Les plages de l’île sont petit à petit grignotées par l’océan. Gastón décide de se révolter mais sa révolution prend l’eau et il est sacrifié, pour que la communauté retrouve sa stabilité.

Sous-Marin est une pièce qui, à partir d’un univers quotidien, glisse vers une fable, oscillant entre fantastique et le grand-guignol, où chacun de nos travers individualistes est dévoilé et où personne n’est épargnée.


Calendrier (prévisionnel)

ÉCRITURE

Présentation d’une étape de travail – Festival « Texte En Cours »  (Montpellier) – Mai 2017

Résidence d’écriture, janvier 2018 à la Chartreuse (CNES), Villeneuve- lez- Avignon.

Lecture publique (en espagnol) par INTERDRAM, Espace Checoeslovaquia, aout 2018, Santiago du Chili.

Texte seleccioné pour accompagnement par le collectif A Mots Découverts (Paris, juin 2019).

Résidence d’écriture et lecture à voix haute, 1-5 février 2025, Théâtre du briançonnais.

MISE EN SCÈNE

Pré- résidence  de création : 3 jours, septembre 2025

Résidence 1 : première approche de la mise en scène,  jeu de comédien.nes / mai 2026 / 7 jours

Résidence 2  : Structuration de la mise en scène et confirmation du dispositif scénique / janvier 2027/ 7 jours

Résidence 3 : création de la mise en scène intégrale avec tous les éléments du dispositif/ février 2027, 10 jours

Résidence 4 : création lumière, répétitions et finalisation mars 2027, 10 jours

*dates à confirmer


Extraits de la lecture réalisée le 5 février 2025 au Théâtre du Briançonnais, avec comme invités spéciaux Marie Favereau, Thibault Chausson, Myr Roulx, Émile Faure et Claire Bonnet.